mercredi 2 novembre 2011

Série : Les Aventures du jeune Indiana Jones (souvenez-vous)

Les séries historiques sont à la mode en ce moment (Les Tudors, Mad Men, Borgia, Les Piliers de la Terre...). Après une rétrospective de la trilogie des Indiana Jones la semaine dernière, cela réveilla en moi le souvenir de cette série des années 90 dédiée à la jeunesse de l'archéologue au chapeau et au fouet.


Sauf qu'à l'époque, la préado que j'étais n'avait pas accroché du tout... Je m'attendais à des aventures ésotérico-archéologiques alors que la série est orientée aventures historiques. Sans compter que le jeune Indiana n'était plus joué par River Phoenix comme dans La Dernière Croisade, mais par un petit nouveau dont le brushing et le regard de chien battu me marquèrent (dans le mauvais sens).

Faisant fi de ces mauvais souvenirs, je tente quand même un rematage via des moyens illégaux. Verdict ?

J'en suis présentement au début de la deuxième saison et je me regarde un ou plusieurs épisodes chaque jour. Les trois premiers sont un peu languissants : le petit Indiana Jones est bien mignon mais presque trop, quant à son père on ne retrouve pas le rat de bibliothèque pittoresque du dernier film - ce qui n'est pas forcément illogique, de plus le rôle du "Vieux" revient à Indiana Jones nonagénaire, sorte d'Agecanonix des temps modernes version ancien baroudeur. En fait, chaque histoire est racontée par Indiana Jones à la canne, à l'occasion de rencontres et d'événements de sa vie présente, ce qui fait que les épisodes ne se suivent pas de manière chronologique, et que les jeunes d'aujourd'hui ont le droit à des leçons de morale que les Vieux comme moi approuveront. 

"J'vais vous apprendre la vie, moi !"
Car le but de George Lucas, qui semble s'être pas mal impliqué dans la série, est avant tout pédagogique. Finalement, un garçon qui voyage sur tous les continents via son père, enfant et adolescent auquel un jeune spectateur peut s'identifier, qui a connu de grands événements, déterminants vis-à-vis de la situation présente du monde, comme la Première Guerre Mondiale, la colonisation de l'Afrique, présentait un extraordinaire potentiel didactique. Et force est de constater que cette finalité est accomplie, même si elle peut agacer des spectateurs plus âgés ou des historiens qui remarqueront les erreurs et raccourcis nécessaire à cette intention pédagogique.

Rendez-vous compte, en l'espace d'un seul épisode, notre Indiana tapera la causette avec Charles De Gaulle, Siegfried Sassoon, Robert Graves, Jean Bonnet, et d'autres encore sans doute que je n'ai pas remarqués. Ne parlons pas de sa capacité de survie extraordinaire (qui anticipe les films), de sa polyglossie qui lui permet à 16 ans de connaître (ou d'apprendre à vitesse grand v) la plupart des langues des pays qu'il traverse (y compris celles de différentes tribus africaines). Non seulement Indiana est trop une tronche (et quelque part ce n'est pas absurde vu l'éducation qu'il reçoit), mais en plus il est trop cool sur sa moto et athlétique, il a toujours de superbes cheveux, n'a pas besoin de se raser, il les fait toutes tomber (conquête : Mata-Hari...), bref c'est le Chuck Norris du début du siècle. Un Chuck Norris naïf certes (comme celui des films), mais c'est parce qu'il a le coeur sur la main. ça me rappelle les Vieux quand ils parlent de leur jeunesse, tiens...

Le duo comique de l'épisode de la Grande Evasion... Leur nationalité ? Russe bien sûr !
Le pire c'est que ce côté est presque sympathique pour un amateur de nanar : on peut se lancer des défis comme boire une gorgée de bière chaque fois qu'Indy se passe la main dans les cheveux, chaque fois qu'il tombe par inadvertance sur un type célèbre, parle une nouvelle langue, fait son regard de chien battu (et je ne parle pas des répliques à double sens dans les endroits où beaucoup d'hommes jeunes et beaux se retrouvent rassemblés, hem hem) .

Cet aspect ne doit également pas faire oublier les qualités de la série : beaucoup de moyens, chose rare à l'époque, des acteurs de toutes nationalités (c'est à regarder en VO ! cherchez Francis Lalanne dans le premier épisode sur Verdun), quelques-uns de prestige, des réalisateurs compétents (Mike Newell...), et de très bons épisodes, comme celui sur la bataille de la Somme, où sans utiliser un réalisme cru et sanglant (c'est une série familiale), l'atrocité de cette guerre est rendue tout à fait sensible, et l'on retrouve l'esprit de romans comme les Croix de bois

Et puis certes, Indy est un Gros Bill, mais il est souvent "couillon", voir cette scène où son supérieur lui dira qu'il est "mou et non fait pour le commandement" (dans les meilleurs épisodes, il n'y a pas qu'un bon gros message humaniste, mais souvent un deuxième niveau de compréhension - pour les spectateurs adultes ?). Enfin, une fois passée la surprise du concept, on se voit attendre avec impatience les apparitions de nouveaux personnages célèbres qui ont fait l'histoire, retrouvant le plaisir naïf  qu'on avait à découvrir celle-ci par  ses personnages et anecdotes quand on était enfant.



* * *

Post-scriptum :
Le monde est toujours plus petit que ce que l'on croit.

Wikipédia Dit : "Après une tentative d'évasion manquée, De Gaulle est transféré au fort d'Ingolstadt, en Bavière, un camp de représailles destiné aux officiers prisonniers remuants. Il y croise le futur général Georges Catroux, l'aviateur Roland Garros, le journaliste Rémy Roure, l'éditeur Berger-Levrault et le futur maréchal soviétique Mikhaïl Toukhatchevski."

...Et Indiana Jones !

"Hi hi hi. You're the devious type." (quel petit coquin ce De Gaulle...)

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